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dimanche 8 juillet 2012

Tous les Soleils


Tous les Soleils

Alessandro est un professeur italien de musique baroque qui vit à Strasbourg avec Irina, sa fille de 15 ans, en pleine crise, et son frère Crampone, un gentil fou anarchiste qui ne cesse de demander le statut de réfugié politique depuis que Berlusconi est au pouvoir. Parfois, Alessandro a l'impression d'avoir deux adolescents à élever, alors qu'il ne se rend même pas compte qu'il est lui-même démuni face à l’existence. Voulant être un père modèle, il en a oublié de reconstruire sa vie amoureuse, d'autant plus qu'il est entouré d'une bande de copains dont la fantaisie burlesque l'empêche de se sentir seul. Mais au moment où sa fille découvre les premiers émois de l’amour, sans qu’il s’y attende, tout va basculer pour Alessandro…

Bon, n’y allons pas par quatre chemins et posons tout de suite la question qui peut fâcher : qui, en toute bonne foi, avait connaissance de l’existence de ce film, qui, en septembre 2011, eu ouï dire que celui-ci sortait en salles, qui, maintenant qu’il est disponible en DVD, se l’est procurer ? Oui, bon, je sais, un tel préambule peut paraitre, que dis-je, est prétentieux au possible et mes propos pourraient laisser entendre que, connaissant ce long métrage, je me place au-dessus de la masse dans un pur délire de mégalomanie a la José Mourinho ; cependant, je vous rassure tout de suite et, d’ailleurs, puisque je parle de masse, force est de constater que dans le cas présent, j’en fais partie. Car oui, et même si je sais pertinemment que ce Tous les Soleils ne m’a pas attendu pour être, à la fois connu, vu et apprécier – à sa juste valeur, j’y tiens particulièrement – je me dois de vous avouer que personnellement, si ce n’avait pas été ma femme, je serais passé tout bonnement à côté de l’une des comédies les plus fraiches et agréables de ces derniers mois. Ainsi, après les remerciements d’usage envers elle, je me dois, rapidement, de vous expliquer comment j’en suis venu a, hier soir, voir ce film : ce samedi, donc, mon épouse avait pour mission de nous trouver un petit DVD pour la soirée et une bande dessinée, pour moi – le second volume de Masqué, qu’évidement, elle n’a pas trouvé  – et donc, elle revint sans BD mais avec deux films : L’ordre et la morale (normalement, on le vois ce soir) et donc, ce Tous les Soleils ; bref, à première vue, une déception vu qu’il s’agissait de deux films français. Mais bon, le père Feanor, on le connait à force et vous savez pertinemment que quand je commence à râler devant un film français, c’est qu’en fait, je vais l’aimer, voir souvent, bien plus que de raison. Et devant ma mine dubitative, ma femme, donc, me rappela qu’elle avait justement vu cette comédie au cinéma, lors de sa sortie, qu’il était un peu passé inaperçue à l’époque, mais que franchement, c’était une bonne petite surprise et qu’il était bien marrant (je vous fais un résumé vite fait), et donc… et donc, oui, ça me disait bien quelque chose, je me souvenais de ce qu’elle m’avait dit au sujet de ce Tous les Soleils, de son humour, de ce type qui refuse de sortir de chez lui tant que Berlusconi serait au pouvoir, de sa demande d’asile politique etc. et, vous vous en doutez, mon choix fut vite fait quant au film a voir en priorité – comment, vous vous seriez laissé tenter par L’ordre et la morale ? Ah… pas moi mes amis ! Et sincèrement, non seulement, je n’ai pas regretté mon choix, mais qui plus est, ma femme avait amplement raison au sujet de ce film. Œuvre de Philippe Claudel (ne me demandez pas qui sait, je ne suis pas un grand spécialiste en cinéma français quoi qu’à force, il serait peut-être temps que je le devienne), cette comédie est une formidable bouchée d’oxygène pure, une petite pépite de plaisir absolue à voir et à revoir sans modération aucune ; en cette période de crise, où les médias ne cessent de nous bassiner avec la récession et la dette, où le gouvernement socialiste a peine élu commence déjà à décevoir et où en plus, la météo, depuis un an (mais c’est encore pire depuis quelques mois) nous en veut décidément a mort, rien de tel qu’une œuvre comme Tous les Soleils (déjà le titre, quoi que, je me contenterais d’un seul de soleil) pour que l’on retrouve le sourire, que dis-je, la banane carrément ! Car en partant d’un synopsis somme tout assez simpliste – un veuf qui ne s’est jamais recasé et qui vit avec sa fille, désormais adolescente, et son frère, révolutionnaire raté dans l’âme, et qui finira bien, car nous sommes dans une comédie, par retrouver l’amour – et pas vraiment original, le sieur Philippe Claudel, sans grandes prétentions mais avec des acteurs plus que motivés et inspirés, en particulier les deux italiens qui jouent les deux frères (chacun, loufoques a leurs façons) et une histoire, somme toute banale mais qui touche et va droit au but, nous offre un formidable moment de cinéma, un pur petit divertissement enjouée, gai, franchement drôle et surtout, aussi lumineux que le soleil du titre, aussi lumineux que ce sublime accent italien qui parsème les presque deux heures que dure le film. Certains films connaissent une notoriété bien souvent parfaitement injustifiée, d’autres, eux, ne sont connus que d’une petite poignée de bienheureux qui sont conscient de la chance qu’ils possèdent d’être tombés – peu importe comment – dessus, et de les apprécier à leurs juste valeur. Indéniablement, Tous les Soleils entre dans cette seconde catégorie : film peu connu, comédie sans grande prétentieux, il n’en reste pas moins étonnamment bon et surtout, particulièrement jouissif en cette période de morosité qui n’en finit décidément pas. Mais bon, ce fameux soleil finira bien par revenir ; après tout, Berlusconi a bien finis par quitter le pouvoir, n’est-ce pas ? 

lundi 2 juillet 2012

Les Cahiers de Science & Vie 103 – D'où viennent les Mégalithes ?


Les Cahiers de Science & Vie 103 – D'où viennent les Mégalithes ?
Février/Mars 2008

D'où viennent les Mégalithes ?
- Editorial : Roc à vif
I – La pierre se fait monument
- Dolmens, menhirs et mégalithisme
- Tour du monde des mégalithes
- L'Europe en marche vers la révolution
« Tant que dureront les pierres » Interview de Jean-Paul Demoule
II – Mégalithes, mode d'emploi
- Les dolmens, antichambres de l'éternité
- Stonehenge : Lumière sur les pierres sacrées
- Carnac, chef de file des alignements
- Malte. Dans le sanctuaire de la déesse
III – Epreuves d'artistes
- Dans l'intimité des constructeurs de mégalithes
- Comment ils ont déplacé les montagnes
- Une nouvelle grammaire des signes
- L'art fait aussi sa révolution
IV – D'hier à aujourd'hui
- Pierre de légendes
- Comment faire parler les pierres
- Les derniers faiseurs de mégalithes
« Survivances en Asie du Sud Est » Interview d'Antonio Guerreiro

Déjà, ce qui fait la différence avec le précédent numéro des Cahiers de Science & Vie, dont je vous ai parlé sur ce blog et qui était consacré au mythe Arthurien, c’est l’originalité incontestable du sujet principal de ce cent-troisième numéro : ainsi, si tout le monde ou presque connait plus ou moins bien le Roi Arthur et tout le folklore qui l’accompagne, il en est autrement des Mégalithes, encore nimbées, finalement, d’une aura mystérieuse qui ne les a pas quittés depuis des millénaires. Car, ce qui ressort principalement de ce numéro des Cahiers et des excellents articles qui le composent, c’est que l’on ne sait pas grand-chose sur ce, ou plutôt, devrais-je dire, ces peuples qui, un peu partout dans le monde – car le phénomène n’est pas uniquement européen, bien au contraire – ont élevés des rochers monumentaux pour diverses raisons dont, certaines, ne nous sont pas encore claires. Ce peuple, ces peuples, bien plus anciens que les gaulois dont on nous rabâchait les oreilles avec leurs menhirs (rien de plus faux), cette civilisation mégalithique dont les traces principales qu’elle a laissées étant, finalement, ces somptueux monuments cyclopéens, ce numéro des Cahiers essai, au mieux, de nous dévoiler tout ce que l’on sait d’eux, de leurs origines, leur histoire, leurs coutumes et surtout, leurs créations, au jour d’aujourd’hui, c’est-à-dire, à la fois pas grand-chose et bien plus qu’autrefois. Car, petit à petit, l’on fait des découvertes, de nouvelles hypothèses sont avancées et en effectuant des comparaisons avec les derniers bâtisseurs de Mégalithes (car oui, il en existe encore à notre époque), nous en savons de plus en plus sur nos anciens ancêtres, et leur formidables créations. Bien évidemment, ce ou plutôt ces anciens peuples garderont a jamais (manque d’écriture oblige) une importance nappe de mystère mais quoi qu’il en soit, tant que leurs œuvres, quatre ou cinq fois millénaires, seront debout, nous ne pourrons pas les oublier ; et ce numéro des Cahiers de Science & Vie, captivant au possible, leur rend le plus hommage qu’il soit. 

dimanche 24 juin 2012

Les Cahiers de Science & Vie 117 – Le Roi Arthur, le mythe à l'épreuve de la science


Les Cahiers de Science & Vie 117 – Le Roi Arthur, le mythe à l'épreuve de la science
Juin/Juillet 2010

Le roi Arthur, le mythe à l'épreuve de la science
Cadrage
- Les histoires d'Arthur
- Le fil de l'intrigue
- Interview : « Chaque époque s'empare de ce mythe pour le récréer, le réinterpréter » de Martin Aurell
I - Créer et faire vivre un mythe
- L'île de Bretagne : Plongée dans les âges obscurs
- Arthur, la portée d'une légende
- De l'oral à l'écrit : La légende déploie ses ailes
- Manuscrits arthuriens : La culture du livre prend son essor
- La quête du Graal : Comment l'Eglise enrôle Arthur
- L'histoire au Moyen Age : Le récit et la vérité
- Arthur et Charlemagne, rois de l'imaginaire
- Stonehenge : Le prodige du cercle de pierres
- Le mythe à l'épreuve de la science
II - La société médiévale
- Camelot, un château hors de son temps
- La chevalerie entre rêve et réalité
- Excalibur. L'acier de la légende
- Le livre, miroir du monde
- Au pays des monstres et merveilles
- Merlin, une figure inédite de la science
III - D'hier à aujourd'hui
- Arthur, la geste des temps modernes
- Interview : « Le mythe arthurien hante toujours la culture occidentale » de Benjamin Deruelle

Je pense qu’à force de vous présenter moult numéros des Cahiers de Science & Vie, je commence un peu à tourner en rond et, du coup, je ne vois pas comment me répéter encore et encore ? En effet, que dire de plus sur cette revue si ce n’est qu’une fois de plus, nous avons là un excellent numéro, au contenu captivant au possible – de par le sujet, bien évidemment, mais aussi de par le ton utilisé, ne l’oublions pas – avec des articles forts bien écrits, clairs et précis et qui sont une véritable mine d’information sur un sujet qui, comme je l’ai dit en préambule de ce billet, n’est certes pas très original – bah oui, le roi Arthur, c’est du vu et du revu a force – mais n’en reste pas moins fédérateur pour ce qui est de l’intérêt qu’il suscite encore parmi le grand public. Ainsi, et quelques soient les générations – accessoirement, cela fait une dizaine de siècles que cela dure – tout le monde a sa propre vision du mythe arthurien, que ce soit par le biais des textes originaux, des nombreux romans écrits depuis, des films, dessins animés voir des séries actuelles, et, forcément, sans être un féru d’histoire médiévale ou des grands mythes de notre passé, qui, en toute sincérité, n’a jamais entendu parler d’Arthur, Merlin, Lancelot, d’Excalibur, du Graal, de la Dame du Lac, de Camelot ou d’Avalon ? Probablement pas grand monde, sans nul doute. Et donc, dans ce numéro des Cahiers de Science & Vie, nous avons droit à une véritable plongée au cœur du mythe, ou plutôt devrais-je dire des mythes arthuriens, de leurs origines datant de la fin de l’Empire romain et de l’éventualité de l’existence d’un chef de guerre celte portant le nom d’Arthur (ou plutôt quelque chose s’en approchant) et luttant contre les envahisseurs anglo-saxons, de la récupération des hauts faits de celui-ci par ses ennemis d’hier puis, de la mainmise de l’Eglise qui fit d’Arthur un champion du Christ et de sa légende, à la base, païenne, un récit en adéquation avec la religion dominante au Moyen-âge. Cette évolution du mythe, les multiples ajouts au fil du temps, le cas Merlin, et bien d’autres choses encore font que l’on se retrouve au final devant un très bon numéro d’une revue, Les Cahiers de Science & Vie, qui captivera sans nul doute à la fois les amateurs du genre comme les curieux qui se laisseraient tenter par celle-ci. Reste pour finir la grande question auquel l’on ne trouvera probablement jamais de réponse, c’est-à-dire : alors, Arthur, personnage réel ou pas ? Eh bien, on ne pourra jamais dire oui mais ce n’est pas pour autant que le non soit une réponse convenable. 

mardi 19 juin 2012

Ilium


Ilium

Troie, c'est la Guerre chantée par Homère dans l'Iliade. Ici, les dieux de l'Olympe sont des posthumains qui bénéficient, grâce à la technologie, de pouvoirs extravagants, une quasi-immortalité, la possibilité de se déplacer dans le temps et dans l'espace, des armes prodigieuses. Ils habitent, sur Mars, le mont Olympos, le plus haut volcan connu du système solaire. Leur spectacle favori, voire obsessionnel, demeure cette Guerre qui se déroule sur terre et dont aucun d'eux ne connaît l'issue. Aucun, sauf Zeus... Pour vérifier la conformité de la guerre réelle avec ce qu'en a conté Homère, les scholiastes, des spécialistes de l'Antiquité, sont chargés d'observer les dessous de cette Guerre. C'est ainsi que Thomas Hockenberry, un universitaire du XXème siècle, se retrouve malgré lui enrôlé par Aphrodite pour faire triompher les Troyens, et rien moins qu'assassiner Athénée. Mais, à jouer ainsi avec l'espace et le temps, les dieux posthumains mettent en péril le système solaire et l'univers tout entier...

Ilium, lors de sa sortie il y a de cela quelques années fut un petit événement en soit puisque ce roman marquait le grand retour de Dan Simmons a un genre qui avait fait sa gloire avec Hypérion, la science-fiction. L’auteur, après le succès phénoménal (et mérité) de celui-ci, eu la sagesse d’abandonner le genre quelques temps, sachant pertinemment que toute nouvelle œuvre SF serait indéniablement et implacablement comparée à son chef d’œuvre, ce qui était assez normal en soi. Cependant, même en ayant pris son temps pour se relancer dans le bain, la première chose que le fan qui a connu Simmons par le biais des Cantos et qui découvrirait Ilium ensuite, fera, est de comparer les deux œuvres, et ce, aussi différentes et proches qu’elles puissent l’être ; éternel problème de l’écrivain qui, après avoir connu la gloire, se doit de se renouveler, chose qui n’est pas toujours aussi évidente qu’on pourrait le penser de prime abord, bien au contraire. Mais si je vous ai parlé de différences et de points communs entre Ilium et Hypérion, c’est que Simmons, par le biais de deux romans qui racontent chacun une histoire propre, use et abuse toujours des mêmes ficelles qui ont su marcher en leur temps : ainsi, l’on retrouve dans Ilium bien des éléments autrefois présents dans les Cantos ; que ce soit ces téléportations instantanées à travers l’espace (les nœuds fax ici, les distrans autrefois) accessoirement aussi nocives les unes que les autres, la présence des intelligences artificielles (les moravecs ayant pris place des IA et des Cybrides), le mythe du Juif errant (ici devenu une femme loin de faire oublier l’inoubliable Sol Weintraub des Cantos) et la judéité en règle générale (en avions-nous besoin dans un récit de SF se déroulant dans le futur ? franchement, premier point négatif pour cette œuvre car on sent que Simmons en fait un peu trop) ainsi que, bien entendu, le gout de l’auteur pour imaginer ce qui pourrait advenir de l’humanité dans des milliers d’années (L’Hégémonie est ici remplacée par une vision bien plus pessimiste qui nous renvoi directement à La Machine à explorer le temps de HG Wells). Bref, tout un tas de points communs qui font que l’habitué de Simmons retrouvera dans la lecture d’Ilium des échos d’un lointain passé, certes, pas forcément désagréables en soit, mais qui nous démontrent également que l’auteur a un peu de mal à se renouveler. Une dernière preuve de cet état de fait : le lien des deux œuvres aux grands auteurs du passé : Keats dans Hypérion, Homère, Proust et Shakespeare dans Ilium. Alors mon cher Dan, tu nous aurais sorti un simple copié/collé ? Eh ben, ce n’est pas aussi simple que mes propos pourraient le laisser penser car en fait, Ilium n’est pas dénué d’intérêt. Tout d’abord, le synopsis de base est assez intéressant en soi et mérite largement le détour : imaginez dans un avenir lointain, sur Mars, des dieux grecs (!) avec Zeus, Athéna, Arès et compagnie, qui passent leur temps à vérifier si la célèbre guerre de Troie se déroule conforme à L’Iliade ; pour cela, ils utilisent des spécialistes du texte d’Homère, des humains reconstitués afin de vérifier s’il si tout se déroule comme prévu. Ensuite, dans les satellites de Jupiter, des créatures robotiques, les Moravecs, craignant pour la sécurité du système solaire décident d’aller jeter un coup d’œil du coté de Mars afin de découvrir d’où vient la provenance de tous ces joujoux quantiques. Pour finir, sur Terre, vit une humanité déclinante, semblable aux Eloi de La Machine à explorer le temps, qui ne soucient que de passer du bon temps et dont la vie est limité a cent ans (pas une année de plus, pas une de moins) tandis que de soi-disant posthumains, eux, seraient partis vivre dans des stations orbitales des siècles auparavant. Bref, tout un tas d’éléments disparates, sans lien apparent, a première vue, entre eux, et trois récits qui se croisent, avant, bien entendu, de se rejoindre à la fin – car bien évidement, le lecteur s’en doute assez rapidement, tous ces événements sont liés. Encore faut-il savoir comment et pourquoi ? Et d’ailleurs, pour ce qui est de ces récits a proprement parlé, force est de constater qu’ils sont assez prenants, chacun un peu dans son style et que si j’ai eu une nette préférence pour les événements de Troie et les complots entre dieux grecs – ce sont les passages les plus durs et ici, la guerre n’a franchement rien de glorieux – je dois avouer que l’humour qui émane de celui avec les deux Moravecs, tellement drôle, mérite à lui seul le détour. Le problème, c’est que Simmons alterne sans arrêt entre les trois récits, alternants les chapitres à chaque fois lors des moments culminants, procédé qui, en plus de ne pas être original, fonctionne toujours certes, mais lasse très rapidement au fil des pages, mais bon, à sa décharge, j’avouerai que je ne vois pas trop comment l’auteur aurait pu faire autrement ? Bien évidemment, je ne dévoilerais pas davantage le déroulement du récit ainsi que les nombreuses surprises qui parsèment celui-ci et dont certaines, je l’avoue, sont assez bien trouvées – après tout, il faut toujours savoir préservé une part de mystère pour l’éventuel lecteur qui lirait cette critique et qui serait tenter de découvrir l’œuvre sans la connaitre à l’ avance. Disons, en guise de conclusion, qu’Ilium, sans être du même acabit que Les Cantos d’Hypérion, n’en reste pas moins une œuvre de science-fiction assez plaisante, qui possède son petit lot de bonnes idées et qui est suffisamment prenant pour captiver l’intérêt du lecteur ; ajoutons à cela une petite pincée d’humour et quelques protagonistes hauts en couleur et l’on se retrouve avec un bon petit roman de SF. Le problème, c’est que certaines situations sont tellement osées, voire parfois ridicules, que cela pâtit fortement a la crédibilité de l’ensemble (autant qu’un récit de SF puisse être crédible, j’entends bien) et que l’espèce d’Ulysse 31 avec son sabre laser, franchement, on s’en serait bien passé. De même, que les fans d’Hypérion prennent garde : Ilium reste largement inférieur à son prestigieux devancier, mais bon, dans l’ensemble, ce n’est pas mauvais en soit, cela se lit bien et sans révolutionner le genre, cela vous fera passer un bon moment ; et c’est déjà pas mal. 

Prometheus


Prometheus

Dans un passé lointain, un vaisseau extraterrestre arrive sur Terre. Un être humanoïde y est déposé et s'y sacrifie en absorbant un liquide noir sous l'effet duquel son corps se désintègre, répandant son ADN dans un cours d'eau. En 2089, les archéologues Elizabeth Shaw et son compagnon Charlie Holloway découvrent une peinture préhistorique en Écosse, représentant un humanoïde pointant vers six étoiles, peinture quasi-identique à des représentations picturales découvertes chez d'autres civilisations du monde. Très vite, une expédition scientifique est organisée par la compagnie Weyland, qui envoie dix-sept membres à bord du vaisseau Prometheus jusqu'à une lune lointaine appelée LV-223, censée être l'endroit indiqué sur les images. Le voyage dure deux ans pendant lesquels l'androïde David surveille le vaisseau alors que l'équipage est en biostase. À l'approche de la destination, David réveille le reste de l'équipage. Shaw et Holloway leur expliquent le but du voyage : explorer une planète probablement peuplée d'extraterrestres qu'ils nomment les « Ingénieurs », qui seraient responsables de la création de l'humanité. Le vaisseau se pose près d'un immense dôme artificiel, et plusieurs membres de l'équipage explorent l'intérieur du bâtiment. Ils y trouvent le corps décapité d'un Ingénieur, mort deux mille ans plus tôt et une grande salle parsemée d'urnes, que domine une statue monumentale représentant une tête d'humanoïde, et des fresques étranges.

Dans l’histoire du septième art, et plus particulièrement dans celle du cinéma de science-fiction, nul ne doute que, parmi les plus grands films du genre, Alien tient le haut de l’affiche avec quelques autres ; bien évidement, quand je parle d’Alien, je m’en tiens au tout premier, celui de Ridley Scott, véritable petit bijou d’horreur, intemporel, un chef d’œuvre souvent imité, rarement égalé, et surtout pas par ses nombreuses suites, celles-ci étant à chaque fois plus décevantes les unes que les autres. Et donc, le sieur Ridley Scott, probablement ulcéré par le succès d’un autre film qui fit énormément parlé de lui, il n’y a pas si longtemps, un certain Avatar, que tout amateur de SF qui se respecte a dut regarder (après, pour ce qui d’avoir apprécié la chose, c’est une autre affaire, cela va de soi) lors de sortie en 2009, œuvre de son grand rival, James Cameron, déjà coupable en son temps d’avoir donné une suite à Alien – le second de la saga, Aliens – se décida donc de revenir à un genre qui fit donc sa gloire il y a trois décennies et plus particulièrement, a Alien, n’ont pas en lui donnant une énième suite qui n’aurait rien apporter à la chose, mais une préquelle, comme le cinéma en est souvent friand, afin de plonger le fan de base dans les origines d’une saga entrée depuis longtemps dans la culture populaire. Ce choix, judicieux au possible – car nous autres, fans, sommes toujours attirés par ce genre d’artifices – n’en était pas moins à double tranchant : en effet, faire de Prometheus une préquelle d’Alien était une espèce d’assurance tout risque sur son succès à venir ; entre les vieux de la vieille nostalgiques et les plus jeunes avides d’effets spéciaux et de 3D, la rentabilité de l’œuvre était assurée. Cependant, et ce n’est pas que dans le cinéma que cela arrive, lorsque l’on touche, ne serais ce qu’un peu à une œuvre culte, il faut s’attendre à une avalanche de mécontentement venu de ses mêmes vieux fans nostalgiques qui n’en sont pas moins exigeants et qui, après trois décennies, moult films, possèdent chacun leur propre opinion et vision du mythe Alien. Forcément, tout ce qui n’irait pas dans leur sens, dans leur vision de la chose ne pourrait être que considéré comme étant un horrible blasphème tout bon pour le bucher. Et ce qui devait arriver arriva… L’on peut ou ne pas aimer Avatar, mais au moins, avec ce film, non seulement, le sieur Cameron a su créer un nouvel univers, ce qui est toujours louable, mais en plus, cela lui a permis d’éviter la levée de bouclier qui s’est abattue sur Prometheus. Car oui, effectivement, et je pèse mes mots, rarement film, ces dernières années, fut aussi critiquer que celui-ci, et quelque part, cela me fit penser à ce qui arriva avec le premier « nouveau » Star Wars, descendu en flèche (souvent a raison, j’entends bien) par les fans de base, dont certains tout bonnement intégristes. Enormément attendu depuis des années, cette préquelle d’Alien, quelque part, était destinée au sort qui fut le siens : et comme il fallait s’y attendre, les plus virulents furent les fans de la première heure, ulcérés que Prometheus, n’aille pas dans le sens de leur propre vision du mythe – comme il doit en exister presque autant que de fans, c’était perdu d’avance. Or, du coup, comment être totalement objectif face à ce film ? Franchement, ce n’est pas évidant puisque moi-même, faisant partie de la génération précédente, celle d’Alien donc, je n’étais pas totalement neutre. Pourtant, et je pense que le fait que cela fait un bail que je n’ai pas vu ce film y soit pour quelque chose, j’ai su faire la part des choses, et essayer de me concentrer sur l’œuvre en elle-même – est-ce un bon film ou pas, voilà la seule et unique question valable selon moi, le reste, je le laisse aux spécialistes – plutôt que de perdre mon temps en stériles querelles de clocher sur les invraisemblances entre les deux films. D’ailleurs, je me demande après coup comment Prometheus aurait été perçu sans ce lien si pesant sur ses épaules ? Mais cela, on ne le saura jamais. Mais alors, bon film ou pas ? Car après tout, c’est ce qui compte ; et bien, et au grand déplaisir de beaucoup et même si je dois en faire hurler plus d’un, j’ai trouvé que finalement, il ne s’en sortait pas si mal que ça. Oh, bien évidemment, Prometheus n’est pas un grand film et je pense même, qu’avec du recul et un autre visionnage, il ne pourra pas le devenir – quoi que je peux parfaitement me tromper – cependant, je ne l’ai pas trouvé aussi mauvais que bon nombres de critiques, professionnels ou pas, on put dire depuis quelques semaines. Certes, en regardant cette œuvre, on a parfois l’impression que la technique prend trop souvent le pas sur le scénario, qu’on a avant toute chose orienté le film vers deux choses : en faire prendre plein la vue aux spectateurs – décors grandioses en veut-tu en voilà, 3D omniprésente, effets spéciaux derniers cris etc. – mais aussi, faire plaisir aux fans d’Alien (tout en leur déplaisant, oui je sais, c’est compliqué mais les gens sont compliqués par nature) en parsemant les deux heures et quelques que dure le film d’hommages, de clins d’œil, de liens et moult références qui alourdissent souvent l’intrigue. Pourtant, et sans être géniale en soit, celle-ci n’est pas dénuée d’intérêt et j’ai particulièrement apprécié le fait – souvent utilisé mais j’aime ces vieilles théories – que l’on retrouve ici la vieille légende des anciens astronautes, de cette humanité crée par des êtres venus d’ailleurs, un peu par hasard finalement (et dans quel but, telle est la question !), ce côté mystique omniprésent, cette quête des origines et de ce qu’est la vie dans l’univers ; que des sujets qui me passionnent et que j’ai donc vu d’un très bon œil. De même, certains on regretter les personnages, souvent stéréotypés, et même si c’est le cas – pourquoi le nier – personnellement, j’ai accroché avec certains d’entre eux et plus particulièrement avec les deux principaux à mes yeux, Noomi Rapace, ex-Millénium (le vrai, pas le remake inutile made in US), toujours aussi excellente et ici dans un rôle de scientifique et de femme forte dans la tradition d’une certaine Ripley, joué en son temps par Sigourney Weaver, mais aussi et surtout, celui qui restera à mes yeux comme la grande révélation de ce film : le germanique Michael Fassbender, excellentissime dans son rôle d’androïde et qui me fit penser à un certain Bowie dans L’Homme qui venait d’ailleurs – comme par hasard, il se nomme David dans le film ; simple hasard ? Hum… Et si l’on ajoute à cela le fait que, même omniprésente, la 3D n’en est pas moins assez bien utilisée, et que les décors en mettent peut être plein la vue mais n’en restent pas moins magnifiques, que certaines scènes sont suffisamment marquantes et valent le coup et que la fin, ouverte, qui laisse un peu le spectateur sur sa faim avec tout un tas de questions non résolues, est assez bien faite, et vous comprendrez pourquoi je ne peux pas me joindre à la horde qui crie au loup devant cette œuvre. Pourtant, j’en conviens, tout n’est pas parfait dans ce Prometheus : en effet, autant par certains côtés, il n’y rien à redire, autant par d’autres, cela frôle parfois allégrement la série-B (celles-ci ayant tout de même l’excuse du petit budget) en particulier dans certaines scènes, parfois limites voir très limites – le sacrifice final avec le sourire aux lèvres, tout un tas de membres d’équipage que l’on ne voit jamais (pourquoi être si nombreux alors ?), l’autre qui se transforme en une espèce de Zombie on ne sait pas bien pourquoi, Charlize Theron qui franchement, se fait écrasée parce qu’elle le veut bien, le géologue tellement stéréotypé qu’il en devient tout bonnement ridicule etc. – et qui viennent gâcher l’ensemble. Et puis, car on ne peut pas y échapper, il y a la comparaison avec Alien, qu’on le veuille ou non, qui vient phagocyter l’ensemble et qui me fait regretter qu’il y ait un lien entre les deux œuvres. Ces éléments, finalement, auront fait que je ne peux décidément pas considérer ce Prometheus comme un grand film… mais un bon film, oui, sans problèmes, qui se regarde plutôt bien selon moi, avec ses défauts et ses qualités, qui ne sera pas le truc de l’année, mais encore moins la bouse intersidérale considérée par beaucoup. Après, se pose la question d’une éventuelle suite : la fin ouverte la laisse présager, aura-t-elle lieu, aurons-nous droit à un nouveau film qui viendra éclairer notre lanterne suite aux nombreuses énigmes qui jalonnent ce film ? Personnellement, j’aimerais bien qu’il y ait une suite ; j’espère juste qu’il ne faudra pas attendre trois décennies pour cela !

La Chose d’un autre Monde


La Chose d’un autre Monde

Novembre 1951, un objet volant non identifié s’écrase dans l’Arctique. Le haut commandement militaire US basé en Alaska charge le Capitaine Patrick Hendry d’enquêter. Il est accompagné de scientifiques, d’un journaliste et de militaires dont la base est localisée à proximité du crash. Sur place, l’équipe découvre un vaisseau spatial pris dans la glace. S’ils détruisent malencontreusement l’OVNI, ils parviennent néanmoins à extraire son pilote, lui aussi prisonnier du froid. Le visiteur est ramené à la base afin d’y être étudié. L’extraterrestre, une chose dont le métabolisme ressemble à celui des végétaux, échappe à sa captivité et sème le chaos et la mort dans le campement. D’un côté, les scientifiques veulent étudier le visiteur, de l’autre, les militaires veulent le détruire. En bon observateur, le reporter voit dans cette affaire le scoop de sa vie.

La Chose d’un autre Monde, que je me suis procurer il y a peu de temps, un peu sur un coup de tête, fait partie de ces films de science-fiction d’une époque aujourd’hui totalement révolue : les effets spéciaux, loin de pouvoir faire exister des monstres difformes criant de vérité, se limitaient bien souvent à l’emploi ingénieux de maquettes et de décors en carton, encourageant les réalisateurs à utiliser le plus souvent possible le hors-champ pour provoquer l’angoisse du spectateur. Bien évidemment, de nos jours, de tels procédés feront sourire, au mieux, les plus jeunes d’entre nous qui trouveront cela particulièrement ringard, mais pour un vieil amateur comme moi, élevé à La dernière Séance, c’est un pur régal que de me replonger dans un film parfaitement représentatif de l’âge d’or du cinéma SF hollywoodien. Pour cette adaptation d’un roman de Campbell,  Who Goes There?, auquel John Carpenter sera plus fidèle lors de son remake de 1982, les deux réalisateurs, Christian Nyby et Howard Hawks, ont donc dû faire preuve d’une constante inventivité pour rendre le monstre crédible et véritablement menaçant, c’est-à-dire en rendant son absence du cadre source de menaces réelles. La première source d’angoisse va donc naître de l’emploi astucieux des décors où la question du champ et du hors-champ prend tout son sens. Dans le champ, une base scientifique où la présence humaine rend le lieu relativement rassurant. En hors-champ, l’étendue arctique, la nuit, le froid et la tempête de neige permanente rappellent la totale inhospitalité des lieux où les êtres humains n’ont manifestement pas leur place. Pour dérégler cette frontière, il va donc falloir trouver un élément perturbateur qui rend le champ perméable au hors-champ. Dans un premier temps, donc, il est matérialisé par une onde de choc particulièrement violente localisée à plusieurs dizaines de kilomètres de la station. Curieuse de comprendre les raisons de ce tumulte dans cet océan de tranquillité, une équipe de chercheurs décide de se rendre sur les lieux. Là, elle découvre avec stupeur un effondrement de la banquise parfaitement circulaire et la présence, sous quelques mètres de glace, d’un étrange vaisseau et d’un être vivant. L’équipe prend l’initiative de ramener l’extra-terrestre à la base tout en prenant soin de ne pas le décongeler afin d’éviter toute mauvaise surprise. Malheureusement, l’inattention d’un des membres de l’équipe permet à la créature de s’extraire du bloc de glace menaçant la sécurité de tous les occupants de la base. La tension ne naît pas tant de la confrontation entre l’équipe et le monstre (finalement assez décevant, reconnaissons-le, lorsqu’il apparaît à l’écran), mais de cette paranoïa qu’il suscite chez les scientifiques au point de les diviser très clairement sur l’attitude à adopter à son égard. Qui est-il ? D’où vient-il ? Que veut-il ? Comment se reproduit-il ? Comment le vaincre ? Nombreux questionnements que l’on retrouvera des décennies plus tard, bien évidemment, dans l’œuvre de Carpenter, mais également dans Alien et qui, de nos jours, sont devenus assez banals même s’il faut reconnaitre qu’à l’époque, c’était une trouvaille assez intéressante en soi. Cet ensemble de questions n’est bien évidemment pas dénué d’une lecture géopolitique, parfois un peu pesante. En 1951, lorsque Christian Nyby (monteur attitré d’Howard Hawks qui participa activement au projet), s’attèle à la réalisation du film, les États-Unis sont en pleine guerre froide. La haine du communisme se double d’une paranoïa insensée à l’égard de l’URSS, terrain de tous les fantasmes les plus délirants sur la menace que représentait ce puissant pays opposé aux idéaux américains. Si la représentation du monstre, venu en territoire étranger pour se nourrir du sang des humains, donne l’impression d’un anticommunisme primaire, l’ambiguïté des personnages et la qualité des dialogues encouragent, mais sans la nier, une autre analyse du film. L’un des scientifiques, titulaire d’un prix Nobel, adopte une attitude particulièrement ambivalente à l’égard de la créature. Seule à prôner une pacification des rapports en s’opposant à la suppression de la créature, il n’en reste pas moins fasciné par cet objet d’étude inédit. Inversement, les autres membres de l’équipe qui se sont mis en tête d’abattre le monstre tiennent un discours pacifiste en rappelant par exemple au scientifique le plus réputé que le travail sur l’atome ne s’était pas forcément soldé par une grande avancée. La Chose d’un autre Monde est finalement une œuvre plus complexe qu’il n’y paraît, et si, en toute sincérité, il faut tout de même reconnaitre que le film a un peu vieilli avec le temps et n’est pas exempts de défauts – certains dialogues parfois limites, la romance inutile mais qui apporte tout de même une scène osée pour l’époque où le protagoniste principal se retrouve attacher face à sa dulcinée – et que nombreux sont ceux qui lui préfèreront le remake de John Carpenter (du coup, ça m’a donner envie de le revoir celui-là), ce film, culte pour certains, n’en reste pas moins assez réussi, parfaitement représentatif de ce qui se faisait à l’époque et ne devrait pas déplaire aux amateurs du genre.

L’Oiseau


L’Oiseau

Bordeaux. Anne n’a pas d’amis, pas d’enfants, pas d’amants, elle est seule, et semble déconnectée du monde. Elle fait semblant de vivre, et traverse sa vie et ses rencontres comme un être désincarné, sans passion. Quelque chose la pousse au contact humain, et quelque chose la retient aussi. Depuis peu, elle entend des bruits étranges dans les murs de son appartement. Un oiseau apparaît…

Amis dépressifs, malheureux en amour, tristounets, nostalgiques ou solitaires malgré eux, j’aurais énormément de mal à vous conseiller de regarder ce film, car celui-ci, si indéniablement, reflètera un peu votre vie, fera que vous vous identifierez probablement a l’héroïne – Sandrine Kiberlain – et vous fera comprendre que non, vous n’êtes pas tous seuls à souffrir sur cette bonne vieille Terre, risquera de vous faire bien plus de mal que de bien, voir même, risquera de vous faire basculer de l’autre côté. Comment, L’Oiseau, un film a tendances suicidaires ? Je n’exagérerais pas un peu en affirmant une telle chose ? Eh bien, en fait, pas tant que ça en y réfléchissant un petit peu… Avant de rentrer dans le vif du sujet, et donc, l’analyse de cette œuvre oh combien joyeuse (mode vachement ironique), une petite précision s’impose : ce film, L’Oiseau donc, me fut prêté, à ma demande – fou que je suis – par l’un de mes collègues, grand solitaire devant l’éternel, et surtout, grand… hum, comment dire… dadais, niais (je ne veux pas être méchant mais le mec, a presque cinquante ans est moins mure que mes enfants)… enfin, vous avez compris le genre en gros ; bref, tout heureux d’avoir mis la main sur ce film, mon collègue découvrit ainsi que non, il n’était pas seul à « être comme ça » et si, effectivement, après visionnage de la chose, il y aurait bien quelques points communs, je dois avouer que l’histoire de cette œuvre m’a plus fait penser, par certains côtés, à la sœur d’une amie de ma femme, qu’à mon collègue, mais passons. Disons que, pour simplifier les choses, le personnage joué par Sandrine Kiberlain dans le film, on en connait tous un dans notre entourage plus ou moins proche, quand ce n’est pas carrément nous-mêmes. Et que ces personnes, véritables « fantômes » comme le dit le DVD, on n’imagine pas forcément tout le temps toute la souffrance qu’elles peuvent porter. Et le problème, c’est que de la souffrance, L’Oiseau en possède à foison : d’ailleurs, tout ce film est souffrance. Que ce soit par l’histoire personnelle du protagoniste principal, de sa vie de solitaire, oh combien passionnante (oui, je suis toujours en mode ironique), de la routine installée, de son refus de s’ouvrir aux autres, de fuir les relations, ou alors, de faire tout bonnement n’importe quoi, j’ai rarement vu, au cinéma, personnage aussi dévaster par la vie. Certes, en regardant le film, on comprend pourquoi elle en est arrivée là, et d’ailleurs, la cause de tout ceci est tellement tragique que l’on ne peut que se dire qu’à sa place, on serait pareil voir même pire. Et si l’on ajoute à cela le fait que par le biais d’une ambiance pesante, une musique aussi gaie qu’une procession funèbre, une succession d’événements aussi passionnants qu’un samedi après-midi à Carrefour et un jeu d’acteur tout bonnement parfait d’une Sandrine Kiberlain en grande forme, on ne peut que comprendre que regarder un film comme L’Oiseau, c’est faire un véritable plongeon dans la souffrance humaine, où il n’y a aucun espoir, ou tout semble aller de travers – y compris pour le pauvre volatile du titre – et que, si ce n’était la toute dernière scène, petite lueur d’espoir finale mais qui ne garantit rien, finalement, toute personne a tendances suicidaires, selon moi, qui verrait ce film, risquerait de passer à l’acte ensuite ! Exagération latine de ma part ? Hum, pas tant que ça, je vous assure car franchement, rarement il m’a été donné de voir un film aussi dépressif ; certes, en disant cela, je ne remets pas en cause l’intérêt de cette œuvre, mais en toute sincérité, si d’occasion, vous seriez tentez de le regarder, réfléchissez y tout de même à deux fois : le cinéma réaliste, c’est bien, mais un petit Louis de Funès, c’est autre chose pour le moral, vous ne trouvez pas ?

mercredi 13 juin 2012

Dr House – Saison 7


Dr House – Saison 7

House et Cuddy se sont révélés les sentiments qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre et passent la nuit ensemble. Au réveil, House s'interroge sur leur avenir. Pendant ce temps, au Princeton-Plainsboro, l'équipe de House et le nouvel assistant de Cuddy se retrouvent à gérer l'absence d'un neurochirurgien, malade, et la visite d'un contrôleur pour le renouvellement des autorisations d'opérer. Si Cuddy veut retourner à l'hôpital, House préfère la retenir avec lui et laisser Chase gérer l'affaire. L'équipe décide donc, devant l'indisponibilité d'un autre neurochirurgien, d'aller guérir le malade, mais celui-ci montre des symptômes étonnants : après être remis de ses nausées, il montre des signes d'usage de drogues. Pendant ce temps, Wilson rend visite à House, qui lui annonce sa relation avec Cuddy. Il veut lui prouver cela en le dirigeant vers sa chambre, mais Cuddy s'est cachée dans un placard. Elle explique ensuite à House qu'elle ne veut pas officialiser leur relation tout de suite.

mercredi 6 juin 2012

Conquistador – Tome 1


Conquistador – Tome 1

Depuis leur débarquement en Amérique, Hernán Cortés et son armée sont considérés comme des divinités par l’empereur aztèque Moctezuma. Cela fait bien longtemps que Cortés œuvre davantage pour son compte que pour la lointaine couronne d’Espagne… Tandis qu’il part à la rencontre d’une expédition punitive montée pour lui rappeler son allégeance, Cortés missionne un groupe hétéroclite, mêlant soldats et mercenaires, afin de voler l’inestimable trésor de Moctezuma. Parmi eux, le loyal soldat Hernando Royo… Le groupe d’aventuriers sera bientôt décimé par une mystérieuse entité qui les poursuit dans la jungle. Créature mythique ou tueurs tout ce qu’il y a de plus humains ? On ne s’attaque pas impunément aux ancestrales et puissantes légendes aztèques…

A bien y réfléchir, des œuvres se déroulant lors des grandes découvertes, il n’y en pas tant que ça, ou, du moins, je suis toujours passé à côté car bon, comment dire, en dehors des Mystérieuses Cités d’Or, le célèbre Aguirre, la colère de Dieu de Werner Herzog, avec l’hallucinant Klaus Kinski et pour finir, Le Dieu perdu, un LDVELH de la série Dragon d’Or, il n’y a pas grand-chose sous le soleil, ou du moins, je ne m’en souviens pas ? Du coup, ce constat fut probablement déterminant pour mon choix final ; après tout, c’est toujours bien plus original qu’une énième œuvre de Fantasy ou se déroulant dans notre Moyen-âge ou dans l’antiquité gréco-romaine. Ensuite, la première chose qu’il me faut dire lorsque l’on découvre ce premier tome de Conquistador, c’est que, mine de rien, c’est fichtrement beau ! Je sais que je le signale souvent, sur ce blog, mais franchement, lorsque l’on regarde les planches de Philippe Xavier, force est de constater que c’est du grand art. Certes, le coté réaliste peut déplaire à certains, certes, quelque part, ce n’est pas forcément mon style préféré, mais l’on ne peut que reconnaitre la beauté de la chose : que ce soit les personnages, les bâtiments, la forêt et les divers décors, nous en prenons plein la vue et sincèrement, sur ce point, Conquistador est inattaquable. Et franchement, c’est déjà un bon point à signaler. Mais reste le principal, selon moi, dans toute œuvre digne de ce nom : le scénario. Bon, là, je l’avoue, je suis déjà légèrement moins enthousiaste et je vais essayer de vous faire comprendre pourquoi. Ce premier tome, bien évidemment, sert avant toute chose à présenter, comme il se doit, à la fois les protagonistes et les événements à venir, sauf que, comme Conquistador est avant toute chose un dytique, j’ai trouvé que l’auteur, Jean Dufaux que l’on ne présente plus, s’attardait un peu trop sur la présentation des protagonistes principaux qui ont tous droit chacun a quelques pages lorsqu’ils apparaissent pour la première fois. Du coup, et même si la personnalité de ceux-ci – de véritables émules des 12 salopards en moins nombreux – bien que peu originale, n’en soit pas moins plaisante, l’action a proprement parlée s’en retrouve réduite à son stricte minimum, ce qui, de mon point de vu, est assez dommageable. Car, finalement, et il me faut le souligner afin de contrebalancer ce que je viens de dire, celle-ci est assez plaisante et si, bien entendu, nous ne nous trouvons pas la devant le scénario du siècle, après tout, ce n’est qu’un casse au pays des aztèques, il n’en est pas moins suffisamment bon pour que l’on passe un bon moment. Ajoutons à cela une ambiance exotique assez bien retranscrite et qui, sans nul doute, est l’une des grandes forces de cette œuvre, et un petit soupçon de surnaturel que l’on devine et dont on en saura davantage dans le prochain tome et finalement, en faisant la balance de l’ensemble, on ne peut que constater que ce premier tome de Conquistador s’en sort finalement plutôt pas mal. Au final, et après coup, l’une de mes craintes de départ, c’est-à-dire, que l’on ait fait un peu trop de publicité au sujet de cette BD, s’est un peu confirmée – il faut le reconnaitre, nous n’avons pas là une œuvre qui pourra être qualifier de bande dessinée de l’année. Cependant, pour son ambiance dépaysante, son coté oppressant et les splendides dessins du sieur Xavier, ce premier tome de Conquistador s’en sort pas trop mal et m’a, en tout cas, suffisamment accroché pour que je me laisse tenter par l’achat de sa suite (et fin) en novembre prochain. Mais bon, comme on dit, d’ici-là, beaucoup d’eau aura coulé sous les ponts.

(500) Jours ensemble


(500) Jours ensemble

Tom croit encore en un amour qui transfigure, un amour à la destinée cosmique, un coup de foudre unique. Ce qui n'est pas du tout le cas de Summer. Cela n'empêche pourtant pas Tom de partir à sa conquête, armé de toute sa force et de tout son courage, tel un Don Quichotte des temps modernes. La foudre tombe le premier jour, quand Tom rencontre Summer la nouvelle secrétaire de son patron, une belle jeune fille enjouée. Au 31ème jour, les choses avancent, lentement. Le 32ème jour, Tom est irrémédiablement conquis, pris dans le tourbillon étourdissant d'une vie avec Summer. 185 jours après leur rencontre, la situation est de plus en plus incertaine – mais pas sans espoir. Alors que l'histoire fait des allers-retours au sein de la relation parfois heureuse, mais souvent tumultueuse de Tom et Summer, le récit couvre tout le spectre de la relation amoureuse, du premier coup de cœur aux rendez-vous, du sexe à la séparation, à la récrimination et à la rédemption et décrit toutes les raisons qui nous poussent à nous battre aussi ardemment pour arriver à trouver un sens à l'amour... Et, avec un peu de chance, à en faire une réalité.

Je ne peux pas vraiment affirmer qu’a la base, j’étais franchement emballer par ce film, ce (500) Jours ensemble… Il faut dire que j’en ai un peu ma claque de tous ces longs métrages romantiques a l’eau de rose, que nos amis américains nous livrent pas paquebots entiers années après années et dont la grande majorité, pour ne pas dire tous, ne valent pas grand-chose. Et comme en plus, en règle générale, plus le temps passe et plus j’ai un peu de mal avec les films US, on ne peut pas dire que j’étais enthousiasmer par la perspective de regarder ce (500) jours ensemble ; mais bon, que voulez-vous… Pourtant, et même si le genre m’agace de plus en plus, un film romantique US est tellement bien calibré pour le grand public que finalement, aussi mauvais est-il, ça se regarde sans trop de difficultés et ça peut passer plus ou moins bien, suivant notre humeur du moment. Et puis, n’oublions pas que le genre en lui-même est assez fédérateur et passe partout : après tout, lorsqu’une œuvre a pour thème principal l’amour, comment ne pas reconnaitre là un thème aussi universel que celui-là ? Car, a moins d’être totalement insensible, qui n’a jamais connu les affres de l’amour contrarié, le bonheur d’être et d’aimer, l’euphorie indéniable des débuts, l’indicible souffrance d’une rupture, bref, et j’en passe, tous les sentiments que tout a chacun a, au moins une fois dans sa vie, connu, y compris, bien entendu, les pires ; car que serait l’amour sans souffrance ? Cependant, lorsqu’un film a pour sujet l’amour, comment être original puisque, ne le nions pas, tout a déjà été dit depuis longtemps et, bien évidemment, de façon bien plus magistrale ? Eh bien, tout bonnement en essayant de se démarquer du lot, d’être original, et quelque part, en y regardant a deux fois, cette petite pointe d’originalité qui trop souvent, fait défaut dans les productions de masse du genre, est belle est bien présente dans ce (500) jours ensemble, du moins, pour ce qui est du traitement scénaristique de l’œuvre : tout en allers retours dans la chronologie de la relation entre les deux protagonistes principaux – Joseph Gordon-Levitt et Zooey Deschanel, assez bons mais pas géniaux non plus – qui va des débuts, la fameuse rencontre, à la fin de celle-ci (attention spoiler) qui n’est pas la rupture en elle-même mais l’acceptation par l’un des deux de la fin de la dite relation – bref, en tout, 500 jours – et qui n’est pas présenté de façon strictement chronologique, le spectateur, grand voyeur devant l’éternel, découvre donc le parfait résumé d’une relation finalement banale et où il pourrait parfaitement se reconnaitre. En effet, ce film n’est après tout qu’une compilation de tout ce qui peut arriver dans une relation amoureuse – qui finit mal – et le traitement, le découpage de l’œuvre est assez bien trouvée selon moi. Cependant, et je trouve cela dommage, si l’on ne peut nier une certaine originalité a ce (500) jours ensemble, si l’on peut compatir a certaines scènes et quelque part, s’identifier au couple a l’écran et même, si l’on rit franchement a quelques reprises, force est de constater qu’au final, il est difficile de prétendre que ce film est un bon film : trop de passages limite ennuyeux, un rythme parfois décousu, des situations prévisibles et une fin prévisible et limite neuneu font que ce (500) jours ensemble, sans être véritablement mauvais en soi, n’est pas non plus un film inoubliable, bien au contraire. Restera juste une histoire simple que tout a chacun a, au moins une fois dans sa vie, connue, des acteurs sympas, l’impression tenace que l’amour, finalement, cela fait diablement souffrir mais aussi quelques répliques, comme, par exemple « On ne se rend pas vraiment compte, mais la solitude, ce n’est pas si mal » ou « Je crois que tu te rappelles que les bons souvenirs alors quand tu regardes en arrière, regardes-y à deux fois » et qui parfois, sonnent si juste à nos oreilles… 
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